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L'accident de chasse (David L. Carlson)

note: 5Un roman graphique haut niveau Cédric (BDY) - 21 septembre 2021

Chicago, 1959. Charlie Rizzo, qui vient de perdre sa mère, doit emménager avec son père aveugle. Pour le jeune garçon, l’histoire est limpide : Matt Rizzo a perdu la vue à la suite d’un accident de chasse, comme il le lui a toujours raconté.
Mais le jour où un policier sonne à leur porte, Matt choisit de révéler à son fils la partie immergée de son passé, et la véritable raison de sa cécité : un vol à main armé qu’il a commis des années plus tôt, alors qu’il fréquentait la mafia de Chicago…

La vie de Matt en prison. C’est le cœur de ce Roman Graphique. Matt y découvre un compagnon de cellule hors norme, Nathan Léopold auteur d’un horrible meurtre. Mais curieusement, ces deux-là vont apprendre à cohabiter et vont s’aider mutuellement, au-delà de la lecture de la Divine Comédie de Dante et de l’apprentissage du braille. Entre les sons, les mots, les morts, Matt et Léopold apprennent à accepter ce qu’ils ont été et ce qu’ils sont devenus.

Roman Graphique en noir et blanc à la puissance expressive sans pareille, tiré de faits réels, L’Accident de chasse est une ode bouleversante à la rédemption et aux pouvoirs sans limites de la littérature.

Premier Roman Graphique de David Carlson, qui nous livre un récit sombre de 340 pages, sur les non-dits au sein de cette famille. Des échanges familiaux tous guidés par les récits de Dante. Matt a toujours menti sur la raison de sa cécité. On aura la vraie raison lors de son récit de sa période d’incarcération.

Le père n’a qu’une crainte : que son fils reproduise les mêmes erreurs que lui. Qu’il se laisse lui aussi rattrapé par la mafia, et finisse en prison.

Le dessin de Landis Blair est une œuvre à lui tout seul. Ici, c'est du noir et blanc, hachuré à la plume, avec les yeux d’un homme caché derrière des lunettes noires, grillagées. Ce dessin-là, et même la forme de certains passages du livre ne sont pas sans rappeler Moi, ce que j'aime, c’est les Monstres, d’Emil Ferris, Fauve d’or au Festival d’Angoulême en 2019. Avec ce dessin crayonné, dans tous les sens, où la finalité des traits donne un dessin puissant.

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